Vous avez un projet de construction de maison neuve et vous pensiez installer une chaudière à gaz, éventuellement en complément d’un autre système ? Avec le décret n°2026-863 du 12 septembre 2026, qui entre en vigueur à partir du 1er janvier 2027, les règles changent pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire dans les bâtiments neufs.
Ce texte fixe un seuil maximal d’émissions de CO2 pour les équipements de chauffage, de refroidissement et de production d’eau chaude sanitaire dans le neuf. Résultat concret pour vous : dans la plupart des cas, les chaudières gaz et plus largement les équipements fonctionnant aux énergies fossiles ne pourront plus être installés dans les constructions neuves, sauf exceptions encadrées.
Imaginons votre situation. Vous venez d’acheter un terrain pour faire construire une maison individuelle. Jusqu’ici, vous aviez en tête un schéma classique : une chaudière gaz pour le chauffage et l’eau chaude, éventuellement complétée par un autre système en appoint.
Avec le décret n°2026-863, ce scénario devient, dans la grande majorité des cas, incompatible avec les nouvelles exigences environnementales pour le neuf. Le texte fixe un niveau maximal d’émissions de gaz à effet de serre pour les équipements, et ce niveau écarte de fait les chaudières à gaz et, plus généralement, les systèmes fonctionnant aux énergies fossiles, y compris les systèmes hybrides.
Ce changement s’inscrit dans la réglementation environnementale des bâtiments neufs (souvent appelée RE2020) et dans la transposition de la directive (UE) 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments.
Le décret n°2026-863 du 12 septembre 2026, pris pour application de l’article L.171-1 du code de la construction et de l’habitation, vient préciser les exigences de performance environnementale des équipements dans les bâtiments neufs.
Le texte fixe un seuil maximal de performance environnementale pour l’équipement de chauffage, de refroidissement ou de production d’eau chaude sanitaire :
Autrement dit, chaque énergie (gaz, fioul, électricité, etc.) se voit attribuer un coefficient qui traduit ses émissions de CO2. Avec ce seuil de 79 gCO2/kWh, les équipements fonctionnant aux énergies fossiles sur site, dont les chaudières à gaz, ne respectent plus les exigences dans le neuf.
Le décret a pour effet d’empêcher l’installation, dans une construction neuve, des chaudières à gaz et, de manière générale, des chaudières utilisant des énergies fossiles, y compris lorsqu’elles sont prévues en appoint dans un système hybride.
Le texte vise ainsi à interdire l’utilisation de gaz et de consommation d’énergie fossile sur site dans les constructions neuves, en cohérence avec la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments et avec un plan d’électrification plus large.
La mesure ne s’applique pas à tout le monde au même moment. Le décret prévoit un calendrier progressif, selon le type de bâtiment.
Pour les constructions de bâtiments ou parties de bâtiments à usage d’habitation, les nouvelles règles s’appliquent :
Si vous déposez votre permis de construire pour une maison neuve après cette date, votre futur système de chauffage et d’eau chaude devra respecter le seuil de 79 gCO2/kWh. Dans la pratique, cela exclut les chaudières à gaz et les autres équipements à énergie fossile sur site, sauf cas de dérogation prévus par le texte.
Le même principe s’appliquera ensuite à d’autres types de bâtiments, avec un décalage dans le temps :
Si votre projet concerne un bâtiment non résidentiel (par exemple un local professionnel) ou un bâtiment réalisé par un organisme public, ce calendrier étalé vous permet de situer la date à partir de laquelle le seuil s’appliquera à votre cas.
Le décret n°2026-863 ne ferme pas totalement la porte à tout équipement fossile dans le neuf, mais les exceptions sont limitées et encadrées.
Le seuil de 79 gCO2/kWh ne s’applique pas :
Dans ces cas, la logique n’est pas la même qu’avec un équipement individuel fonctionnant en permanence sur une énergie fossile.
Le décret prévoit aussi un cas particulier pour les extensions de bâtiments. La dérogation concerne :
Dans ce type de situation, le maître d’ouvrage peut justifier la dérogation au moyen d’une note rédigée par un professionnel de l’installation des dispositifs de chauffage ou par un professionnel qualifié pour réaliser un audit énergétique (diagnostic complet des performances énergétiques et des améliorations possibles). Cette note doit ensuite être conservée pendant toute la durée de vie de l’équipement concerné.
Si vous préparez un projet de maison neuve et que vous comptiez installer une chaudière gaz, le décret n°2026-863 change la donne dès que votre permis de construire ou votre déclaration préalable sera déposé à partir du 1er janvier 2027 pour un usage d’habitation.
Les points clés à retenir sont :
Pour savoir si votre projet entre dans le champ du décret et comment il se traduit concrètement dans vos choix de chauffage et d’eau chaude, l’enjeu est d’analyser votre situation précise (type de bâtiment, date de dépôt du permis, nature des travaux). Un diagnostic énergétique ou un audit énergétique adapté à votre projet permet d’y voir plus clair sur les solutions compatibles avec ces nouvelles exigences et sur leurs impacts sur la performance globale de votre futur logement.
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